"BEFORE I FORGET..." - à la lueur du frigidaire...
Et si le quotidien était ce que l’on avait de plus précieux dans nos vies ? Écrire pour ce qui disparaît trop vite, photographier pour ce qui mérite d’être gardé.
À toutes ces mamans qui préparent le lait à la lueur du frigidaire, pour garder un semblant de repos dans ces nuits hachées. La maison est silencieuse, mais jamais vraiment endormie. Il y a ces gestes devenus automatiques, presque mécaniques : Verser. Mélanger. Bercer. Recommencer. Chaque jour suffit sa peine, paraît-il…
Au bout du troisième bébé, même si le tunnel est long, je sais que cet adage est vrai. Force à nous.
Je me surprends parfois à suspendre le temps, à respirer un peu plus fort son odeur de bébé, à sentir ses petites mains qui m’accrochent comme si elles disaient : “maman, reste encore un peu” alors qu’un jour il me dira peut-être « maman sort de ma chambre ».
Cette bascule me serre le cœur.
Parfois, j’ai cette ambivalence étrange : j’ai du mal à croire que je suis maman de trois enfants, du mal à croire que j’ai porté, donné la vie, par trois fois. Et qu’aujourd’hui, il y a trois êtres sur cette terre qui dépendent de moi pour grandir. Je suis leur repère. Et parfois, c’est vertigineux on ne va pas se mentir !
Puis il suffit d’un regard, d’un pleur, et tout redevient évident. Mon monde s’arrête : je suis prête à tout pour eux.
Mais dans ce tout, je me cherche encore… Être maman. Être femme. Être épouse. Trouver l’équilibre, le juste milieu — ou du moins essayer du mieux que je peux avec les ressources que j’ai.
Chaque nuit hachée creuse un peu plus le noir sous mes yeux, marque doucement mon visage. Mon corps, lui, ne s’est pas encore tout à fait remis. Même mes filles pensent parfois que je porte encore la vie à cause de mon ventre. Mais non, ce n’est que moi et ce qu’il reste de ma maternité.
Alors j’apprends, chaque jour, à aimer ce corps, à le remercier pour tout ce qu’il m’a permis.
Parce qu’au fond, ces nuits, ces doutes, ces transformations, ce n’est pas seulement une histoire de fatigue. C’est une histoire de passage. Le passage du temps, le passage du corps de femme, le passage de l’enfance qui s’efface au moment même où elle se vit. On ne s’en rend pas compte sur l’instant. Mais ces gestes répétitifs, ces nuits découpées, ces regards sont déjà à la minute suivante des souvenirs. Et un jour, ce qu’on vit dans l’épuisement deviendra ce qu’on regrettera doucement, silencieusement... C’est ça, la maternité : un mélange constant de sentiments paradoxaux, de présence et d’évolution.
Et puis un jour ils nous demanderont de “les laisser tranquille”… et on donnera tout pour revenir à la lueur de ce frigidaire...
Je suis Marlys, photographe de famille passionnée d’aquarelle, et en devant maman pour la 3ème fois ces thématiques du souvenir et du temps qui passe m’ont ouvert les yeux sur l’importance des photos de famille et sur ce que représente la photographie réellement et profondément pour moi. Narratrice sensible, je documente les années précieuses des familles qui ne veulent pas poser et qui veulent transmettre plus que des images : une mémoire au rythme des saisons ou en chapitre. C’est vous aider à voir autrement votre quotidien, que tout ce que vous avez déjà est beau au rythme des saisons. Pour en savoir plus rendez-vous sur www.marlysphotographie.com
Et si tu ressens le besoin de ralentir car tu as conscience que le temps passe, que tu souhaites en garder une trace parce que ce moment ne reviendra pas, bienvenue par ici. Abonne-toi pour recevoir chaque nouvelle chronique directement dans ta boîte mail (2 par mois).
Merci d’avoir lu jusqu’ici et je te dis à très vite,



